David Claerbout
David Claerbout / At the window
En juin 2025, nous accueillerons At the window : une exposition solo exceptionnelle de l’artiste de renommée internationale David Claerbout (°1969). Sa dernière création The Woodcarver and the Forest (Le sculpteur sur bois et la forêt) sera visible pour la première fois au Château de Gaasbeek. Une œuvre d’art – non seulement à regarder, mais aussi à vivre.
The Woodcarver and the Forest se présente comme le portrait intime d’un jeune homme reclus et la description attentive de sa seule occupation, apparemment banale : le travail du bois. L’artisanat, comme le travail du bois, est devenu le symbole d’une génération qui cherche à se défaire de la fatigue des écrans et à se rapprocher du monde extérieur, et surtout de la nature. Le simple fait de regarder un sculpteur transformer un bloc de bois en cuillère a un effet presque méditatif. Les mouvements lents et répétitifs et les sons doux de la découpe et du grattage relèvent du phénomène ASMR (Autonomous Sensory Meridian Response), où des stimuli auditifs ou visuels peuvent générer un calme profond.
The Woodcarver and the Forest est un film processuel qui se déroule comme un court métrage qui se répète sans cesse. Il faut passer suffisamment de temps avec l’oeuvre pour que le film révèle son double visage. La beauté de la nature et les luxuriants paysages forestiers dissimulent ce qui se passe en réalité. Le déchirement que l’on éprouve lorsque la forêt disparaît à vue d’oeil, quand les arbres sont abattus les uns après les autres, est un puissant rappel de l’écoulement du temps. Avant que l’on ne s’en rende compte, il ne restera peut-être plus rien. Claerbout semble souligner que la surconsommation et la précorporation sont partout, même pour le consommateur averti.
Outre le nouveau film, un ensemble d’œuvres de David Claerbout sera intégré dans les salles historiques du château. Elles offrent un nouveau regard sur la collection et l’architecture du Château de Gaasbeek en tant que palimpseste ou le cœur d’échanges historiques. Mais aussi sur l’artisanat qui lui est profondément lié, car coïncidence ou pas : le Château de Gaasbeek est entouré d’une vaste forêt et contient des « hectares » de boiseries dans un style néo-classique du dix-neuvième siècle.
Cette exposition vous invite à faire une pause contemplative.
Informations pratiques
» Du 27 juin au 16 novembre 2025
» Au Château de Gaasbeek, l'exposition fait partie du parcours muséal
» Visitez l'exposition gratuitement avec le pass musées
Le Château de Gaasbeek est un monument protégé. Nous attachons beaucoup d’importance à l’accessibilité intégrale et nous efforçons de rendre le château aussi accessible que possible au plus grand nombre. La nature historique du bâtiment engendre toutefois certaines restrictions.
» The Woodcarver and the Forest est exposée dans la Salle Charles Quint et n'est accessible que par des escaliers. Les autres œuvres sont visibles dans les salles du château au rez-de-chaussée, au premier étage et aux entresols. Le rez-de-chaussée est accessible, le premier étage par un ascenseur. Le personnel du château se fera un plaisir de vous venir en aide. Cinq des neuf œuvres sont accessibles en fauteuil roulant.
» Afin de rendre pleinement justice à certaines œuvres vidéo, certaines chambres ont été assombries.
» Certaines vidéos sont accompagnées de son. Bien que les œuvres de David Claerbout aient un caractère apaisant, elles peuvent être perçues comme stimulantes par certains visiteurs.
» Consultez la page accessibilité pour plus d'informations .
Catalogue / Birdsong
Birdsong réunit trois oeuvres vidéo de David Claerbout – The Woodcarver and the Forest, Birdcage et Backwards Growing Tree – trois méditations sur le temps, la perception et la poésie du monde naturel. À l’heure où vitesse et distraction dominent, Claerbout revendique la « longue durée », proposant une forme de cinéma contemplatif et épuré. Enrichi d’un poème de Stefan Hertmans, Birdsong explore les mythes de la numérisation, les rhythmes de la nature, la croissance et la décroissance.
Grâce à d’innombrables images tirées d’une précédente vidéo inédite, il offre également une vue unique sur le mode de travail de l’artiste.
Ce livre est la suite de The Silence of the Lens (Hannibal Books). Les deux livres sont en vente à un prix avantageux dans la boutique du musée du Château de Gaasbeek.
David Claerbout © Taipei Fine Arts Museum 2023
Bio David Claerbout
Il a suivi une formation de peintre, mais s’est de plus en plus intéressé au temps en étudiant la photographie et le film. Dans ses œuvres, passé, présent et futur se fondent en une seule entité. Claerbout ne pousse pas à regarder, mais à douter : du temps, de la perception, de la mémoire, de l’image et de l’expérience cinématographique elle-même.
En utilisant des constellations de pixels, des séquences d’images, la lumière, la durée, le son ambiant, l’environnement de l’installation et les technologies utilisées pour les transmettre, ses compositions d’une sensualité saisissante suscitent de nouveaux modes d’absorption perceptive, d’attentes, de compréhension et de mémoire.
Depuis ses premières vidéos au milieu des années 1990, son travail s’est rapidement complexifié et, avec l’introduction des médias numériques au début de l’année 2000, il a évolué vers une pratique de l’image synthétique pratiquement complète, qui l’a placé à l’avant-garde de l’art des nouveaux médias. En relation avec cette « image synthétique », David Claerbout a inventé en 2018 le terme d’optique sombre, définissant les changements dans notre culture de l’image et l’avenir des médias basés sur des lentilles. David Claerbout affirme qu’avec le passage de l’analogique au numérique, les médias basés sur l’objectif sont de plus en plus devenus un produit de l’IA, du big data, etc. exerçant une pression croissante sur le système de confiance promu par l’image photographique. David Claerbout s’intéresse particulièrement aux effets des images numériques sur notre « métabolisme », c’est-à-dire à la manière dont nos réflexes physiques et sensoriels changent en réponse à des stimuli dans un environnement de plus en plus numérique.
Il a fait l’objet de nombreuses expositions individuelles au niveau international, notamment : Taipei Fine Arts Museum (2023) ; Milwaukee Art Museum (2022) ; Kunstmuseum Basel (2020) ; Galerie Rudolfinum, Prague (2020) ; Kunst Museum Winterthur (2020) ; Kunsthaus Bregenz (2018) ; Schaulager, Basel ; MNAC, Barcelone (2017) ; Städel Museum, Frankfurt ; KINDL, Berlin (2016) ; Marabouparken Konsthall, Sundbybert (2015) ; Nederlands Fotomuseum, Rotterdam (2014) ; Secession, Vienne ; Tel Aviv Museum, Tel Aviv; Parasol unit, Londres (2012) ; SFMOMA, San Francisco ; WIELS, Bruxelles (2011) ; De Pont museum of contemporary art, Tilburg, Pays-Bas (2009 et 2016) ; Pompidou Center, Paris (2007) ; Kunstmuseum, St. Gallen, Suisse (2008) et Van Abbemuseum, Eindhoven (2005).
Ses œuvres sont représentées dans de grandes collections publiques du monde entier.


